Leçon 1 : La construction de la Démocratie
THEME I – La République, des années 1880 aux années 1940
Question obligatoire : la France en République, de 1880 au début des années 1920
Problématique : Comment s’explique et se manifeste l’enracinement du régime républicain ?
Chapitre 1 : LES FONDEMENTS DE LA REPUBLIQUE
Comment la République réussit-elle à s’imposer en France ? Quels sont ses principes fondateurs ?

Introduction : Comment se met en place la IIIè République ?
Le 2 septembre 1870, à Sedan, l’armée de Napoléon III subit une lourde défaite face à la Prusse. Le Second Empire s’effondre. 2 jours plus tard, la République est proclamée mais elle a du mal à s’imposer face aux royalistes qui veulent rétablir la monarchie.
la Constitution de la IIIème République répartit le pouvoir entre un président de la République et deux assemblées : le Sénat et la Chambre des députés. Elle confirme le suffrage masculin, adopté en 1848, comme base de la souveraineté.
Définitions :
République : système politique où la responsabilité politique est assumée par un dirigeant élu ; lorsque ce dirigeant est élu par l’ensemble du peuple et que le régime respecte les libertés individuelles fondamentales, la république est dite démocratique.
Nation : groupe humain possédant des traits communs, du fait soit de ses origines, soit de sa langue, soit de sa culture et qui a conscience de son unité et de sa volonté de vivre ensemble.
L’expression démocratie libérale caractérise les démocraties qui fondent leur légitimité sur la séparation des pouvoirs, la défense et le respect des libertés individuelles. L’État s’y réserve le droit de corriger les inégalités, d’assurer à tous le progrès et de lutter contre les opposants.
Etat : Nation dotée d’un gouvernement souverain par opposition à un empire ou à une Nation qui n’a pas son indépendance politique.
I) La construction de la démocratie : le triomphe d’une conscience nationale unitaire : 1880-1914
Comment la République, unifie t-elle la Nation Française ?
Le régime républicain s’impose peu à peu, autour de principes forts .
1) Les principes fondateurs
A) Une identité et un territoire : l’Etat-Nation
- Le Plan Freycinet en 1878 : développe et modernise les réseaux de communications et de transport.
- Dès 1881, tous les jeunes élèves apprennent le Français et découvrent leur pays dans l’ouvrage de G.Bruno : « Le Tour de France par deux enfants ». L’école inculque le devoir civique mais surtout l’amour de la patrie.
B) L’affirmation des valeurs de la Révolution française
Les Républicains veulent unir le pays autour des valeurs de 1789, résumées dans la D.D.H.C.
Le drapeau tricolore est le drapeau français. En 1879 la Marseillaise redevient l’hymne national. La Marianne est l’incarnation de la République : sa figure orne les mairies et les principaux édifices publics. La devise « Liberté, Egalité, Fraternité » orne les bâtiments publics et les pièces de monnaie.
En 1880, le 14 juillet devient officiellement jour de la fête nationale.
Enfin, la République glorifie les « Grands Hommes » Ex : L.Pasteur. Il met au point la pasteurisation ( conservation des liquides ), réalise des vaccins préventifs ( le bacille charbonneux, le vibrion du choléra et la bacille de la rage en 1885 ). En 1888, il crée l’Institut Pasteur où ses élèves poursuivent ses recherches.
2) l’élargissement de la nationalité
Les républicains vont aussi élargir l’accès à la nationalité pour rassembler toute la Nation Française.
- La Loi du 26 juin 1889 approfondit le droit du sol : tout enfant de parents étrangers né sur le sol Français obtient la nationalité française à sa majorité, sauf refus de sa part. La naturalisation fortement encouragée est possible après 10 ans de présence dans le pays.
La République élargie la nationalité française et permet aux populations étrangères de s’intégrer juridiquement. C’est aussi une volonté d’unifier la Nation d’un Empire de 10 millions de km².
3) une mission civilisatrice : la colonisation
Colonisation : terme qui apparaît en 1769 : occupation d’une terre étrangère par des colons ( « colonia » citoyens romains envoyés pour peupler un territoire acquis sur des ennemis).
En 1905 « colonialisme » : sujétion économique et politique d »un territoire par un autre, domination et exploitation d’un peuple par un autre. Ensemble de doctrines qui prônent et stimulent l’expansion outre-mer, connotation péjorative et qui s’oppose à « la colonisation civilisatrice » qui apporte les bienfaits de la civilisation européenne aux autres peuples. Enfin dans les années 1930, apparaît au Royaume Uni, le terme « décolonisation » employé en 1950 par H.Labouret pour désigner le retrait politique des puissances coloniales et le règlement du peuplement.
Amériques : Québec (1608) et Montréal, Guyane (1663), Antilles ( 1625), Louisiane ( vendue en 1803)
L’Asie : Les Mascareignes, Réunion, Ile Maurice, comptoirs en Inde ( Pondichéry), Indochine (Laos, Cambodge, et des protectorats)
L’Afrique : Tout d’abord des comptoirs ( St Louis, Gorée, Ouidah) puis au XIXè siècle : Dakar, Guinée, Mali, Bénin, Congo, Côte d’Ivoire, Madagascar, Djibouti, Comores, des protectorats : Tunisie ( 1881) et Maroc ( 1912) et un « département » : L’Algérie. Après le Traité de Versailles, la France récupère le Togo et la Cameroun ( anciennes colonies allemandes).
- en 1880, le domaine colonial s’étends sur 1 million de km² pour 5.5 millions d’habitants
- en 1914, le domaine colonial s’étends sur 10 million de km² pour 45 millions d’habitants
A la veille de la Première Guerre Mondiale, c’est le 2ème Empire le plus vaste après celui de l’Angleterre. Cette expansion est le fruit d’une vitalité militaire, commerciale et d’une compétition avec les autres pays européens.
Exercice a faire textes de Clemenceau et Ferry.
Conclusion
Pour unifier la Nation Française, la nouvelle République s’attache à créer une véritable conscience nationale fondée sur un territoire, une langue, des valeurs, des principes et des symboles communs. Pays d’immigration, la France s’efforce à légiférer pour intégrer toutes les populations. Forte de son expansion coloniale, la IIIème République propage l’image d’un Empire riche, abondant auquel elle apporte les bienfaits de l’humanité. Pourtant, à la veille de la Première Guerre Mondiale, le Code de l’Indigénat place les populations colonisés dans un statut d’infériorité.
La République qui se veut universelle n’est pas encore démocratique.